CultureLab @ Humanistica 2026 — Bilan

Bilan du workshop CultureLab @ Humanistica 2026, qui s’est tenu à l’École nationale des chartes en mai 2026, avec une session de posters dédiée aux étudiants du master HN.

Compte rendu Journée d'étude HN 2026

CultureLab @ Humanistica 2026 — Bilan

Cette année, au coeur du colloque Humanistica 2026, s’est tenu un évènement satellite qui, comme vous avez pu vous en rendre compte si vous avez eu la curiosité de vous aventurer hors des chemin battus, était en réalité un véritable colloque à part entière. Le Computational Cultural Science Workshop organisé par le Grand Programme de Recherche CultureLab de l’université PSL et accueilli à l’École nationale des chartes les 18 et 19 mai 2026 a en effet réuni des keynote lecture, des communications longues, des lightning talks, et bien d’autres encore.

Le premier jour, outre les membres de la communauté HN de l’ENC et de PSL, nous avons eu la chance d’y entendre des chercheurs venus d’Oxford, des universités du Luxembourg et de Genève, du King’s College de Londres, l’Uppsala University et de l’INALCO, l’IRHT, La Sorbonne Nouvelle et de Dauphine. Les Lightning talks de l’après-midi donnaient la part belle aux élèves de M1 et M2 du master Humanités numériques, épaulés par leurs encadrants et enseignants ou présentant leurs propres travaux de recherche en tant que doctorants. Grâce à la présence de représentants d’horizons variés, de nombreuses thématiques scientifiques ont été abordées, avec une grande place laissée aux analyses textuelles historiques et littéraires représentées par l’étude de manuscrits médiévaux du point de vu textuel ou de leur transmission, de textes religieux issus des traditions juive islamique ou chrétienne, des analyses stylométriques littéraires parfois sur des genres encore peu étudiés (fiction d’horreur, science-fiction, roman d’aventure ou poésie) sans oublier les travaux sur les médias et journaux traitant de problématiques médicales ou encore de la prostitution ou de l’immigration. Des études plus larges, statistiques ou transnationale, ont permis quant à elles de prendre du recul en cherchant à modéliser des évolutions sociales ou économiques sur le temps long comme la diffusion des innovations ou le changement dans les sociétés du passé. Enfin, les disciplines encore expérimentales ou émergentes étaient représentées par des recherches sur la similarité visuelle ou l’analyse des représentations de motifs précis dans des corpus patrimoniaux ou artistiques, mais également certains travaux centrant leur analyse sur les capacité de mémorisation des LLMs ou s’intéressant à des corpus nativement numériques issus de jeux vidéos, d’annonces Airbnb, ou de messages Telegram.

Ces deux journées ont notamment été illuminées par la session du 19 mai après-midi. À cette occasion, quinze étudiant.e.s de la promotion 2026 M2 Humanités Numériques de l’ENC ont présenté sous forme de posters les résultats des recherches liées à leur mémoire de master. Ces présentations ont témoigné de la richesse pluridisciplinaire des humanités numériques mais également de la variété des méthodes computationnelles mobilisées par les étudiant.e.s et dorénavant à disposition de la recherche. Ainsi dans les travaux présentés, les outils de traitement automatique du langage, d’OCR (Optical Character Recognition) et d’HTR (Handwritten Text Recognition) côtoient l’analyse de réseaux et la vision par ordinateur pour constituer et analyser des corpus littéraires, linguistiques, patrimoniaux, ou encore médiatiques ou nativement numériques. Ambitieux, les étudiants se confrontent aux problématiques propres à la discipline et tentent d’y apporter leur solution. En déployant des techniques de nettoyages et pré-traitements ingénieux pour équilibrer des datasets touffus, ainsi que des méthodes exploratoires sur-mesure en vue de créer plusieurs chaînes de traitement pour répondre à la variété de la qualité des données au sein d’un même corpus, les étudiants font preuve d’un réel souci de proximité à leur objet d’étude. Les résultats obtenus au bout de ces deux ans de travail renouvellent les problématiques de recherche traditionnelles en histoire, sociologie, archéologie ou encore littérature, et pointent du doigt l’apport fondamental de la communauté scientifique des HN au monde de la recherche.

Ce blog rend donc hommage aux travaux de Quanwen Long, Damien Conceição, Chloé Jollivet-Courtois, Tianjie yin, Nana Maglakelidze, Denise Atzori, Susanna De Luca, Juliette Grenier, Ye Liu, Gaëtan Drouet, Maria Kirbasova, Radjaa Benabdallah, Côme Parinello, Julie Duhesme et Martin Houlier, auxquel.le.s la promotion des M1 tient à témoigner son admiration, et à adresser ses félicitations. Vous en retrouverez certain.e.s outre-Atlantique, parti.e.s pour leur thèse à la New-York University ou à l’université du Québec de Montréal, et d’autres au Royaume-Uni et en France pour poursuivre leurs recherches à la maison française d’Oxford, à la Sorbonne Université, ou au laboratoire LATTICE. Enfin, certains d’entre eux se lanceront sans plus attendre sur le marché du travail, en demeurant néanmoins dans le spectre d’originalité propre à l’ADN de notre master. Pour patienter jusqu’à avoir la chance de les recroiser au détour d’un colloque, vous trouverez sur ce blog les compte-rendus de quelques posters rédigés par les élèves M1.